Night Confession #38 - Frustration

Quand la réussite des uns ou la progression nous entoure, on se retrouve bouffé par notre statut que l'on se sent obligé de comparer. Non la vie n'est pas un sprint, peut être une course de fond à moins que ce ne soit qu'un marathon avec pour seul adversaire le reflet de sa personne. 


Ce jour là, on attend le train avec impatience. Il n'arrive pas et le service n'a aucune réponse à donner, peu d'informations. L'attente s'éternise et devient toujours plus pesante. Les minutes s'égrainent et semblent durer une éternité. On se refait des films indéfiniment. Le sommeil se perd, la somnolence éveillée prend le dessus. Les psychotrophes, qu'ils soient légaux ou semi-interdits n'arriveront pas à faire éteindre ce feu intérieur. Les pensées sont aussi nombreuses que mélangées. Pas de ligne directrice, pas de réflexion, juste un méli-mélo de souvenirs entrecoupées d'états de faits et de bilans pas toujours très justes. La musique, cette aide spirituelle, ne suffit parfois pas à remédier ou à effacer le flot de négativité. Elle renvoie à des instants que l'on refuse parfois de revivre même si c'est virtuel. Les artistes que l'on aime à écouter ont parfois cette facheuse tendance à nous décevoir simplement parce qu'on attend trop d'eux. A l'instar des pairs qui ne peuvent être vus que comme des éléments sur le chemin individuel que l'on mène.
La frustration est un état mental de non-satisfaction avec un déséquilibre entre une attente et sa réalisation. Satisfaction, un grand mot pour une idée rêvée mais si fugace. La satisfaction est rare et éphémère. On nage dans un océan de tracas avec ici et là des instants de vrai bonheur, un peu comme une fuite pétrolière avec des énormes amas de fioul dans une gigantesque étendue d'eau. Il faut malgré tout continuer à nager. 

 Passéisme 

 Etre surprotégé pour le dire plus poliment amène à cette multiplication de frustations. L'incompréhension est d'autant plus envahissante lorsque les embûches apparaissent. Mettre des formes toujours mais ne jamais parler vrai. Dire ce que l'on pense est parfois perçu comme de la sensibilité exacerbée ou pire un aveu de faiblesse. Plus le masque est grand mieux cela passe auprès des autres. Et les années avancent jusqu'à ce que l'on parte et que, comme tous les autres, on finisse par dire que l'on regrette de ne pas avoir vécu la vie que l'on voulait ou dit ce que l'on pensait..appelons cela les balivernes du mourrant. C'est tellement difficile d'être différent ou de ne pas se faire comprendre que l'on rêverait d'être en vacances de soi-même. Evacuer demeure complexe. Toujours une histoire de pesanteur et de manque de réponses.