Night Confession #31 - Déficit


L'argent est le nerf de la guerre, le plus grand contributeur au bonheur, le baromètre social et un facteur de tracas quotidiens. Etre redevable est un sentiment horrible et destructeur. C'est l'impression que l'on apparaît toujours en dessous de la personne à qui l'on doit un service ou des devises. Les dettes sont parfois les ciseaux de l'amitié et qui paie ses dettes s'enrichit d'une certaine manière.


Deux semaines sur quatre pour beaucoup de monde c'est la vie, le plaisir réel, les dépenses inconsidérées (du mini paquet de bonbon à 2€ dans un distributeur jusqu'au tee shirt oversize à 200€) et puis on tombe dans la promiscuité et on compte ses sous avec énormément d'attention. Ce sont de perpétuels jongles entre frustration et plaisir. L'équilibre est difficile à atteindre tellement les sollicitations sont grandes. Tout ce qui apparaît futile devient tout à coup plus pratique et nécessaire lorsque l'on a les moyens de se le payer. La consommation est une pierre angulaire du capitalisme, système des sociétés occidentales actuelles. Pour que le consumérisme roi continue à perdurer, il est essentiel de créer des besoins. Toujours plus de besoins. Peu de personnes ont l'esprit assez élevé pour se départir de tout cette ambition matérielle, reflet d'une relative réussite. Il existe des individus tellement pauvres qu'il ne leur reste que de l'argent... Mais cessons la bien-pensance, l'argent offre la liberté à défaut de procurer la paix intérieure. Etre riche n'offre pas forcément moins de problèmes, le poids des factures peut être remplacé par les placements à gérer et la volonté de ne pas (plus jamais) réduire un certain niveau de vie. Etre riche permet de se libérer des contraintes quotidiennes mais contraint à limiter son cercle social, à ne plus faire confiance au plus grand nombre et donne la possibilité de se plonger encore plus en profondeur dans toutes les questions existentielles. La vie n'est pas forcément plus simple à vivre lorsqu'on est doté de moyens financiers conséquents mais gagne t-on plus de respect de la part d'autrui?

D'endetté à créancier, le but "à atteindre"

Lorsque l'on compte trop sur les gens, on a parfois tendance à emprunter trop de choses. Des services, du temps, de l'attention mais aussi de l'argent. La donnée "monnaie" cause bien des tracas mais solutionne beaucoup de problèmes. Elle est un (léger) symbole d'aide. Ainsi, une personne qui se targue d'être un bon "créancier", se vante d'une certaine façon de rendre des services ce qui est contraire à l'idée même d'empathie, elle-même base de l'amitié. Un don ou un prêt, dans le cadre privé et informel de l'amitié, doit être effectué sans arrière pensées sauf celle d'aider son prochain. Toutefois, les abus et excès des "quémandeurs" doivent être lus (dans le sens d'analysés) et jugés sans équivoque.
Avec cette vision des choses, on peut croire que l'on sera toujours plus respectés lorsque ce seront les autres qui seront redevables et non l'inverse mais être toujours dans la position du bon donateur n'est pas forcément un idéal.
Le "poète-sociologue-artiste" Booba le disait déjà il y a quelques années de cela "la richesse est dans nos coeurs, mon c*l , moi je veux de l'oseille".