Désillusion et Business


Meek Mill est un rappeur émergent depuis 2010 aux Etats-Unis. Disposant d'un bon buzz au sein de sa ville d'origine qu'est Philadelphie, le MC a su tirer son épingle du jeu grâce à sa collaboration avec Kid Ink (sur 360). Ce morceau lui a permis de faire augmenter sa côte à travers le pays de l'oncle Sam avant de finalement signer pour Maybach Music Group, le label de Rick Ross. Petite anecdote, le nom en tant que civil de Rozay est William Roberts et MM s'appelle Robert Williams, à croire qu'ils étaient faits pour travailler ensemble. En 2011, il est séléctionné dans les XXL Freshmen de l'année. Cette liste est une sorte d'évaluateur plus ou moins fiable (cf. 2012) des artistes du moment et des potentiels à suivre. 



Dreams And Nightmares est donc le premier album de Meek Mill. Il rentre dans la  vraie compétition après avoir fait l'étalage de son talent sur des featuring à succès ( Im A Boss, Ambition,..) et développé une énorme popularité avec sa série de mixtapes Dreamchaser (la deuxième version a été téléchargée près de 4 millions de fois). Le visuel officiel (1re image) est accessible à tous, le parallèle Rêve/Cauchemar est imagée par cette association entre les menottes d'un côté et la montre haut de gamme de l'autre. En effet, avant d'être une star du rap US, Meek Mill a passé huit mois en prison de 2008 à 2009 pour possession d'armes. Pour en revenir à son premier effort, le protégé du "BAWSE" de Miami est resté plus sobre que son mentor sur le nombre de guests. On retrouve Nas, Mary J. Blige,  John Legend, Kirko Bangz, le dénommé Louie V (un MC de Chicago) et bien évidemment Ross. 
Avec Meek Mizzy, les ingrédients sont simples, un énorme instrumental trap, Rick Ross ou un autre invité prestigieux, et le flow répétitif et rapide du biker de Philly y trouve son compte. La recette a déjà fait son succès et c'était la meilleure chose à attendre de cet opus. Le lyricisme n'est pas forcément la qualité première de l'artiste. Il se base plus généralement sur son débit très rapide et son flow répétitif. Ici, il a peut être voulu surprendre son monde mais l'ensemble est un peu décevant. L'introduction Dreams And Nightmares est réussie et semble (malheureusement) donner le ton.. Meek Mill va se confier, parler de son ascension en tant que self-made man. Son timbre de voix plaintif est parfois oppressant.

Là où l'on pouvait s'imaginer une suite de bangers sans véritable fond mais avec beaucoup d'énergie, on ne retrouve que  Young And Gettin It, Believe It et Amen dans ce créneau. Amen a été diffusé tout l'été dans les clubs, la chanson était déjà présente sur la mixtape Dreamchasers 2, ce n'est donc pas un inédit.  Il a surfé sur la vague de ce hit sans qu'un autre single ne lui permettre de mettre encore plus avant la diffusion de Dreams And NightmaresYoung And Getting It est une énigme, Kirko Bangz chante avec l'aide de l'autotune tandis que Meek Mill pose ses couplets avec ce même artifice. Ce morceau devrait marcher dans les clubs mais en laissera plus d'un perplexe. Il y a toutefois peu de sons pour les "swaggeurs" en sweat YMCMB, jean slim et sneakers Air Jordan. Maybach Curtains association avec Nas, John Legend et Rick Ross est une des rares réussites sur le projet. L'intéréssé se défend honorablement sur Real Nigga Come First, il évoque son passé de dealer sur Polo And Shell Tops et affirme être la même personne qu'avant sur Young Kings.

Des interrogations subsistent sur le véritable potentiel artistique de Meek Mill. L'album promu par le bias d'un véritable matraquage médiatique ne répond pas aux attentes alors même que la sortie a été reportée de 2 mois. Cela pouvait être un gage de qualité mais il n'en est rien. Meek Mill a accompli SES rêves mais ne fait pas assez rêver son auditeur. L'impression de vide c'est ce qu'il se dégage, mais nul doute que l'équipe MMG saura trouver les moyens de s'y retrouver en terme de ventes. M-M-M-Maybach Music!