Et il se souviendra à jamais de leurs péchés, et de leurs iniquités


Dieu pardonne, moi pas. Rick Ross reprend le titre d'un western spaghetti des années 1960 joué par Terence Hill et Bud Spencer. C'est le cinquième album du rappeur de Miami. Le premier en tant que personnage incontournable de la scène hip-hop US. Le label MMG revient très souvent sur les lèvres de tous les suiveurs du "game". Après Self Made Volume 2, en compagnie du Maybach Music Group (Gunplay?, Meek Mill, Stalley, Omarion, Stalley et donc Rick ), voici le projet personnel du président du label. Mais alors pourquoi dieu  William Roberts de son vrai nom est-il devenu impitoyable?


La couverture (deluxe ici) rapproche bien la thématique du titre avec l'esprit religieux. C'est un homme les bras ouverts, moitié-guide, moitié implorateur, qui surplombe une silhouette dans un lieu semblant être une église. Soit Rick Ross se prend pour une sorte de Dieu, ou il met en avant son décalage de pensée avec certains passages de la Bible et symbolise son simple statut d'humain. (cf. Mathieu 6:12 "Pardonne nous comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés")

Trève de théologie de bas-étage, place à la musique. God Forgives I Don't est composé de 15 tracks. Rick Ross a donc effectué un long travail de composition et a fait des choix très sévères. Il faut rappeler que c'est le troisième projet qu'il sort en à peine moins de 6 mois (Rich Forever, Self Made 2), sans compter les nombreuses apparitions qu'il fait sur les albums des autres. De plus, il est à la fois producteur, gérant de label ET rappeur à part entière. N'en déplaise à Birdman, Lil' Wayne, Game ou même Akon, le Bawse of Florida réussit le tour de main de promouvoir les artistes qu'ils signent.
Ce qui ressort en premier de lieu l'album, c'est la couleur très rn'b. Rick Ross a imposé son écriture. Seulement la moitié des morceaux en collaborations dont certains où il n'y a que les choeurs. Artistiquement, lyricalement, tout sonne mieux, il se livre. On sent une certaine rancoeur face à tous les haineux qui l'inondent de messages, face aux personnes qui ne voulaient pas qu'il se hisse au sommet. C'est donc une missive adressée à tous les médisants. Contrairement à Teflon Don, il y a peu de bangers. Ces fameuses instrumentals produits par Lex Luger avec un rythme mid-tempo et d'énorme basses. Mais les amateurs d'onomatopées ne seront pas en reste: Hold Me Back (single), So Sophisticated (feat. Meek Mill) et 911 raviront les clubbers et les caissons de voitures.



Pour le plus gros, ce sont des samples soul de J.U.S.T.I.C.E. League mais pas seulement. Cardiak, Jake One et même Pharrell contribuent à la production. Il en ressort des morceaux "profonds" ou plus profond qu'à l'accoutumée; où l'on peut apprendre à découvrir la personnalité de cet homme riche, gros, tatoué, ancien gardien de prison, leader, collectionneur de lunettes, ancien gardien de prison, ex-vendeur de cocaïne....

Côté featurings, on ne peut pas éluder le morceau taille XXL alias 3 Kings en compagnie de Jay-Z & Dr.Dre. Une collaboration efficace à défaut d'être démentielle contrairement à la présence de Andre 3000 sur Sixteen. L'ex moitié de Outkast préparerait selon certaines rumeurs un album solo. Ses différentes apparitions sur les plus gros projets depuis un an (Beyoncé, Lil' Wayne...) n'interdisent pas de penser que c'est une possibilité. Quant aux éternels Drake, Wale  ou  Meek Mill, cela devient une constante toujours appréciable.
En conclusion, Rick Ross, dont l'album a été leaké 5 jours avant la date officielle, offre un album bien produit, plus personnel et intimiste que ses deux derniers opus et démontre bien qu'il est au delà de l'homme d'affaires moqué par certains, un artiste à part entière.

Tops:
*Ashamed, instrumentale sublime, textes intimistes, rare à entendre de la part de Rick Ross , tout comme sur la chanson Amsterdam.

*Sophisticated, juste pour la performance hallucinante de Meek Mill;

*Ten Jesus Pieces, description des bijoux portés sur la couverture de l'album et une entente parfaite avec Stalley


*Diced Pineapples, Drake adopte son timbre de voix mi-mielleux, mi-agaçant mais le tout reste assez plaisant



Hold Me Back



3 Kings X Jay-Z , Dr. Dre


Site Webhttp://www.godforgivesidont.com/
Twitter: @rickyrozay