Hip-Hop Graduation?


Finally done. Dwayne Michael Carter Junior alias Lil' Wayne a fait patienter ses fans pendant de longs mois pour enfin "pondre" ce quatrième volume de la sage des "Carter". C'est donc le 29 Août que Carter IV est sorti.
L'homme n'avait pas manqué d'être actif depuis la sortie du précédent volume. Après Tha Carter III, disque de platine, LP aux 3 millions de ventes en une semaine; Lil' Wayne proposa de multiples mixtapes ( Dedication 3, No Ceilings et dernièrement Sorry 4 The Wait), 1 album collaboratif (We Are Young Money) et deux projets solos ( le controversé Rebirth ainsi que le EP I Am Not A Human Being). Malgré tous ces supports musicaux proposés par le jeune fondateur du label Young Money, le disque le plus attendu était sans aucun doute ce quatrième album homonyme.

La couverture renvoie au précédent opus avec un Weezy version enfant, tout juste diplomé qui porte les derniers tatouages effectués sur son visage. Si le lien est clair entre le 3 et le 4, la prise de risques est discutable au niveau artistique. Les goûts de chacun rentrent en compte sur ce point. On peut toutefois déplorer qu'un album aussi promu dans les médias et attendus par les fans de Hip-Hop dispose d'une couverture assez pauvre. Cette dernière symbolise également l'accession au statut de star et la position d'incontournable que possède Lil' Wayne à l'heure actuelle dans le Hip-Hop et la musique au sens large.

Lorsque l'on rentre dans le vif du sujet et que l'on écoute les trois premières pistes, la première sensation est la similarité entre les instrumentaux. L'introduction est assez efficace tout comme "Blunt Blowin" ou "Megaman", tout cela n'étant pas particulièrement marquant pour autant. S'en suit le premier single "6 Foot 7 Foot" feat. Corey Gunz qui rejoint l'idée préalablement évoquée, tout comme le morceau "John (If I Die Today)" en featuring avec Rick Ross. Et c'est le problème fondamental de cet album et dans une plus grande mesure du nouveau Lil' Wayne. Sa probation de 3 ans, l'empêchant de consommer toute substance psychotrope (drogue, alcool ou sirop), a grandement limité sa créativité et son côté mystérieux. Les lyrics sonnent clairs et les métaphores sont moins poussées ( pour exemple le morceau "She Will" avec un Drake en petite forme). Lil Tunechi n'est plus censé fumer ou boire et cela se ressent très (trop) clairement, aussi talentueux soit-il.

Les points positifs se chiffrent toutefois. On ressort le morceau du moment "How To Love", l'interlude de Andre 3000Tech N9ne ou encore l'outro avec Bun B, Nas, ShyneBusta Rhymes. Les apparitions de John Legend et Bruno Mars peuvent être également rangés au rayons des satisfactions. Mais c'est néanmoins trop peu ou plutôt pas assez, au regard du personnage, de sa stature, de son image. Le choix des instrumentaux est aussi très discutable. Après un Carter III loué pour la variété des thématiques et inspirations utilisés, Carter IV ne ressemble qu' à une version un plus développée d'I Am Not A Human Being.
Le public était en droit d'attendre plus de profondeur que les sempiternels thèmes weed, argent et femmes. Plus que ce paradoxe qui veut que 2 des meilleurs morceaux du projets soient des compositions sans la présence de Lil' Wayne. Cela apparaît assez léger de rester dans ce créneau pour quelqu'un qui a passé 8 mois de sa vie derrière les barreaux, ayant notamment assisté des dépressifs. L'album se vendra plus sur le nom et les collaborations que sur sa qualité intrinsèque mais il n'en reste pas moins un disque bien produit d'un artiste de qualité. YMCMB.